15 avril 2007
Films : La Cité interdite
LA CITE INTERDITE - de ZHANG Yimou

La Cité interdite : un film impressionnant par ses décors, la fameuse scène de la bataille. Le film le plus cher de l'histoire du cinéma chinois. Un réalisateur chinois célèbre (ZHANG Yimou, qui a fait le fameux Epouses et concubines), une actrice mondialement connue, Gong-Li. Autant d'éléments qui promettaient de faire de ce film un succès, un film qui allait compter (et pas seulement pour les dollars ou yuans alignés). Et pourtant, en le voyant, j'ai été très déçue.
Tout d'abord en raison des anachronismes. L'histoire se passe sous la Dynastie des Tang, en 985 après JX or à cette époque, la Cité interdite telle que nous la connaissons aujourd'hui n'est pas encore construite (elle a été construite au XVème siècle). Donc le titre français induit en erreur, créé une confusion dans les esprits et sur l'histoire de la Chine (en anglais le titre est plus juste : Curse of the golden flower). Dans le film, la Cité que l'on voit est un mélange de la vraie Cité interdite (à l'aide d'images de synthèse) et du Temple du Ciel, autre monument important de Pékin.
Ensuite, , les décors m'ont aussi choquée. Trop de couleurs, trop kitsch (même si les Chinois ne craignent pas le kitsch). On a vraiment l'impression que ZHANG Yimou cède à la critique que lui font bon nombre de Chinois à savoir, faire un film hollywoodien, multiplier les effets, au détriment de l'histoire qui était pourtant très prometteuse.
En effet, l'histoire de la Cité interdite repose sur une intrigue politique à la cour de l'empereur avec complot, trahison, vengeance, empoisonnement, relations incestueuses et passionnées, ou ivresse du pouvoir. Gong-Li (que les Chinois ne trouvent pas si belle que ça) joue le rôle d'une impératrice qui sait que son mari l'empoisonne à petits feux. Elle décide donc de se venger en persuadant son fils de mener une rebellion, tout aura lieu au moment de la fête des chrysanthèmes (les chrysanthèmes ne symbolisent pourtant pas la mort en Chine, c'est au contraire une fleur très appréciée...j'avais ainsi assisté à une exposition de chrysanthèmes à mon arrivée dans le parc de Beihai, c'était magnifique). Or, parallèlement, elle mène une relation incestueuse avec le fils que son mari a eu d'une première femme qui a été répudiée. Le point de départ de la Cité interdite est donc un mensonge, d'abord caché puis connu de tous. Pour asseoir son pouvoir, l'Empereur est prêt à tout sacrifier, même ses fils.
Attention spoiler :
Le fils qui le trahit n'est pas celui que l'on croit. Le premier, celui sur lequel comptait l'Empereur avait une relation charnelle avec sa belle-mère devenue impératrice, et qui était jalouse des filles qui auraient pu le séduire.
Le second fils, sur lequel devait s'appuyer la rébellion est tiraillé entre la piété filiale qu'il doit à son père et celle qu'il doit à sa mère. C'est non par goût du pouvoir qu'il se lève contre son père, mais tout simplement parce qu'il ne supporte pas de voir sa mère mourir à petits feux.
Le troisième, le plus jeune, qui apparait comme celui qui veut montrer qu'il peut être un fils modèle, mais qui sait qu'il ne sera jamais le préféré et celui qui sera à la tête de l'Empire s'il n'agit pas.
Par conséquent, si vous souhaitez passer un bon moment pour vous détendre, pour être impressionné par la grandeur des décors et des costumes (d'ailleurs je doute que les décolletés des servantes soient d'époque), ce film peut vous plaire. Par contre si comme moi, vous préfériez ses films plus réalistes, plus "sociaux" tels le Sorgho Rouge vous serez je pense assez déçu de tout le gâchis de moyens mis en oeuvre par ce film même s'il est esthétiquement très beau, les couleurs et images sont travaillées comme la goutte de sang qui vient briser la pureté de la scène finale.
14 avril 2007
Films : Voiture de luxe
VOITURE DE LUXE - de WANG Chao

Présenté au festival de Cannes en 2006, dans la section "Un certain regard"
Un instituteur, LI Qi Ming, proche de la retraite, part à Wuhan, à la recherche de son fils dont il n'a plus de nouvelles. Sa femme, gravement malade, aimerait revoir leur fils avant de mourir.
Il est accueilli par sa fille, Yanhong, qui travaille la nuit comme hôtesse dans une boîte de karaoké. Elle lui présente un policier qui va l'aider dans ses recherches et avec lequel il va se lier d'amitié. Le père fait également la connaissance de l'ami de sa fille, propriétaire du karaoké....
WANG Chao avait été interdit de tourner pendant cinq ans en Chine et pourtant dans ce film encore, il dresse un tableau désenchanté d'un pays où la course à l'occidentalisation se traduit trop souvent par gangstérisme et corruption. Deux images de la Chine s'affrontent ici, celle du père, LI Qi Ming, intellectuel qui avait été déporté à la campagne lors de la Révolution culturelle pour propos dissidents et qui a décidé d'y rester finalement après avoir rencontré sa femme, et celle de Yanhong et de son frère, qui avaient cherché à se faire une place dans la ville. Finalement, cette ville industrielle les a détruits....
Plusieurs thèmes sont dont abordés dans ce film : la vie urbaine, la vie rurale, la primauté du fils par rapport à la fille, la prostitution, le gangstérisme....
Un film intéressant et que je recommande donc, pour avoir un panorama - désabusé - de la société chinoise actuelle.
12 avril 2007
Insolite : les souris aiment le riz
LES SOURIS AIMENT LE RIZ - Apprendre le chinois en chansons

Peut-être que vous l'ignorez mais à en croire les chinois, les souris aiment le riz et c'est donc une superbe déclaration d'amour de dire à quelqu'un qu'on l'aime comme les souris aiment le riz.
"Lao shu ai da mi" (老鼠爱大米) a été le tube de l'année 2005 en Chine, une chanson très célèbre qui aurait été écrite en 2000 et qui a été utilisée dans la version chinoise du spectacle Le roi lion.
J'aime particulièrement l'animation que je vous ai mise ci-dessus qui illustre tout le romantisme chinois (hé dire que c'est eux qui nous prennent pour des romantiques) et aussi les métaphores qu'ils utilisent. Si vous souhaitez apprendre le chinois, lire les paroles peut aussi être un très bon moyen :
老鼠爱大米 (楊臣剛) 我听见你的声音有种特别 的感觉 让我不断想不敢再忘记你 我记得有一个人永远留在我心中 哪怕只能够这样的象你 如果真的有一天爱情理想会实现 我会加倍努力好好对你永远不改变 不管路有多么远一定会让它实现 我会轻轻在你耳边对你说对你说 Refrain 我爱你爱着你就像老鼠爱大米 不管有多少风雨我都会依然陪着你 我想你想着你不管有多么的苦 只要能让你开心我什么都愿意这样爱你
lao shu ai de mi
Les souris aiment le riz
wo ting jian ni de sheng yin you zhong te bie de gan jue
rang wo bu duan xiang bu gan zai wang ji ni
wo ji de you yi ge ren yong yuan liu zai wo xin zhong
na pa zhi neng gou zhe yang de xiang ni
ru guo zhen de you yi tian ai qing li xiang hui shi xian
wo hui jia bei nu li hao hao dui ni yong yuan bu gai bian
bu guan lu you duo me yuan yi ding hui rang ta shi xian
wo hui qing qing zai ni er bian dui ni shuo dui ni shuo
wo ai ni ai zhe ni jiu xiang lao shu ai da mi
bu guan you duo shao feng yu wo dou hui yi ran pei zhe ni
wo xiang ni xiang zhe ni bu guan you duo me de ku
zhi yao neng rang ni kai xin wo shen me dou yuan yi zhe yang ai ni
Pour une traduction anglaise avec des images de mangas japonais :
11 avril 2007
Thématique : Beijing Bicycle
THERE ARE NINE MILLION BICYCLES IN BEIJING - Il y a 9 millions de bicyclettes à Pékin
KATIE MELUA - Nine million bicycles in Beijing
There are nine million bicycles in Beijing
That's a fact,
It's a thing we can't deny
Like the fact that I will love you till I die.
We are twelve billion light years from the edge,
That's a guess,
No-one can ever say it's true
But I know that I will always be with you.
I'm warmed by the fire of your love everyday
So don't call me a liar,
Just believe everything that I say
There are six BILLION people in the world
More or less
and it makes me feel quite small
But you're the one I love the most of all
[INTERLUDE]
We're high on the wire
With the world in our sight
And I'll never tire,
Of the love that you give me every night
There are nine million bicycles in Beijing
That's a Fact,
it's a thing we can't deny
Like the fact that I will love you till I die
And there are nine million bicycles in Beijing
And you know that I will love you till I die!


A en croire Katie Melua, il y aurait 9 millions de vélos à Pékin. Un chiffre qui peut sembler important mais qui correspond à l'image que nous nous faisons de la Chine. Le vélo reste en effet le mode de transport idéal et le moins cher, bien plus pratique qu'une voiture souvent bloquée dans les encombrements. Ainsi, pour Wang Xiaoshuai, le réalisateur du film Beijing Bicycle, "le vélo a toujours été un des emblèmes de Pékin et même de la Chine toute entière. Bien qu'il ait perdu beaucoup de sa gloire, il reste un moyen de transport important car il n'y a pas beaucoup de motos ni de voitures. Il n'est plus l'objet que tout le monde désire mais reste quelque chose dont on a toujours besoin même si on souhaite le remplacer. Il est ainsi devenu peu à peu le symbole d'un manque de moyens."

Même si aujourd'hui le vélo semble plus accessible aux ménages chinois (on peut s'en procurer un pour une centaine de kuais), la somme représente quand même une part importante de leur salaire (voire selon qualité plusieurs salaires). La bicyclette, popularisée sous Mao Zedong, où elle était réservée à une élite ouvrière, s'est généralisée véritablement qu'à la fin des années -70. Elle est à la fois le moyen de transport privilégié mais aussi un outil de travail. Il n'est pas rare de voir dans les rues de Pékin des Chinois transporter des tonnes de choses sur leur vélo, plus ou moins transformé. A tous les coins de rue, on peut trouver un réparateur de vélos, des parking à vélos.

Le vélo est donc devenu un objet de consommation mais aussi un objet de désir. Le film Beijing Bicycle de Wang Xiaoshuai l'illustre parfaitement puisque ce film raconte comment un jeune garçon, pour gagner sa vie, va se payer à crédit un VTT et travailler pour une entreprise de livraison. Or ce vélo lui est volé et le jeune Guei va alors risquer sa vie pour le récupérer. Beijing bicycle illustre bien la valeur du vélo en Chine mais aussi le décalage qui peut exister dans ce pays, les écarts de revenus et de richesse. D'un côté la Chine moderne, riche, entreprenante, de l'autre la pauvreté qui se cache à l'intérieur des murs de la ville - les Hutongs - ou dans les campagnes.


En annecdote, si vous faites l'achat d'un vélo en Chine, n'espérez pas le garder longtemps même si vous achetez de nombreux antivols. En effet, je me suis moi-même fait voler un certain nombre de vélos et même un vélo-moteur qui se trouvait à l'intérieur de mon immeuble. J'ai une collègue dont le mari s'est fait voler 20 vélos, une fille que je connais 10 en l'espace de deux ans.... Dans ce cas-là, mieux envisager le vélo comme une location....

S'il peut apparaître dangereux de circuler à vélo dans les rues de Pékin quoique pas plus je pense qu'à pied, si l'on n'a pas peur de la circulation et de gens pouvant surgir d'un seul coup dans n'importe quel sens, se promener à bicyclette dans la ville peut être, je trouve, bien agréable. Une manière de visiter Pékin au fil de ses envies, de se glisser dans les ruelles et hutongs, d'observer la vie et l'énergie déployée par les Chinois.

Pour en savoir plus sur le film Beijing Bicycle, je vous renvoie à cette adresse : http://www.fluctuat.net/cinema/chroniques01/beijing.htm
05 avril 2007
Voyages : La Cité interdite
LA CITE INTERDITE (故宫, gugong)

Dans un message précédent (ici), j'ai déjà donné quelques conseils pour la visite de la Cité interdite, mais je souhaiterais aujourd'hui revenir un peu plus longuement sur cet endroit, symbole par excellence de la Chine.
Après le Parc de Beihai, la Cité interdite (qui porte aussi le nom de "Cité pourpre interdite" en référence à une étoile utilisée en astronomie chinoise et se trouvant au centre du firmament céleste - le palais impérial se trouvant au centre de Pékin) a été le deuxième monument chinois que j'ai visité, l'un de ceux dont j'avais le plus rêvé, celui qui pour moi montrait la grandeur passée de la Chine, celui où se sont joués tellement d'évènements marquants de l'histoire de ce pays, celui qui par son nom-même ne peut que sembler comme l'un des plus mystérieux.
Pénétrer dans la Cité interdite, c'est avoir le sentiment de s'immiscer un peu plus dans la vie des anciens empereurs de Chine (la Cité a été la résidence principale de 24 empereurs des Ming et des Qing), dans ce monde qui était interdit à tout homme autre que l'empereur à moins qu'il ne fut eunuque. Pénétrer dans la Cité interdite, c'est prendre encore plus conscience de la grandeur (par la taille et la culture) de la Chine tellement ce palais est grand : il s'étend sur une superficie d'1 km², on dit qu'il comprend 9 999 chambres réparties dans 800 "palais" [le nombre 10 000 représente symboliquement une infinité dénombrable en Chine]. Autrement dit, même s'il est possible de le visiter rapidement (mon record a été 1h30 avec un groupe de Taiwanais), il vaut mieux quand même y consacrer une demi-journée et prévoir d'y aller tôt (les guichets sont fermés à 15h/15h30 en hiver, à 16h30 en été).
Pourtant, si la Cité interdite impressionne par sa taille (pour ceux qui ne s'y sont jamais rendu, ils peuvent en avoir une image avec le film Le dernier empereur de Bernardo Bertolucci, qui relate la vie de l'empereur Pu-Yi, plutôt qu'avec le film La cité interdite qui est plein d'anachronismes et qui ne représente pas réellement la cité interdite puisque celle-ci n'a été construite qu'au XVème siècle alors que l'action du film se déroule au Xème siècle), j'ai été déçue par cette visite. Evidemment, beaucoup d'objets qui se trouvaient dans cette cité ont été détruits lors de la Révolution. Certains ont été sauvés mais emportés par les troupes du Général Tchang Kaï-Chek et sont maintenant exposés au musée national du palais de Taipei. Ayant visité ce musée qui est très riche, j'ai bien évidemment été déçue de ne voir aucun objet comparable sur le site d'origine.
Certes, les bâtiments sont très jolis et immenses, mais au bout d'un certain temps, j'ai eu l'impression de ne faire que quitter une cour pour entrer dans une autre. Paradoxalement néanmoins, peut-être parce que j'avais mieux mangé et que j'étais moins fatiguée, la deuxième visite de cet endroit m'a plue davantage. C'est à juste titre que cet endroit est néanmoins classé monument historique. La plupart des bâtiments sont construits en bois.
La Cité interdite est divisée en deux parties d'un point de vue architectural : la cour extérieure et la cour intérieure :
- c'est dans la cour extérieure que l'Empereur recevait ses ministres et présidait les grandes cérémonies officielles. Cette cour abrite des salles au nom très poétique : la salle de l'Harmonie Suprême (Taihe), la salle de l'Harmonie Parfaite (Zhonghe) et la salle de l'Harmonie préservée (Baohe) ainsi que les bâtiments latéraux principaux (la salle de la Gloire Littéraire ou Wenhua ainsi que celle de la Prouesse Militaire ou Wuying).
- la cour intérieure quant à elle, servait de cabinet de travail au souverain et d'appartements à la famille impériale et aux concubines. Elle comprend surtout le Palais de la Pureté Céleste (Qianqing), la salle de l'Union (Jiaotai) et le Palais de la Tranquillité terrestre (Kunning), qui sont entourés respectivement par les six palais de l'Est et les six palais de l'Ouest. L''expression "Trois palais et six cours" désigne ainsi les résidences des femmes de l'Empereur. L'Empereur, selon les règlements de l'époque, devait épouser en même temps que la fille du roi d'une certaine principauté les princesses d'autres principautés mais portant le même nom que l'épouse principale.
La Cité interdite très belle extérieurement, surtout la nuit lorsqu'on la longe à pied ou à vélo, me semble donc être une visite incontournable. Comme je le recommendais dans un post antérieur, je recommande de faire la visite par la porte Wumen (celle
qui est du côté de la place Tian An Men) pour sortir par la place
Shenwumen. Si on a encore de l’énergie à la fin de la visite, on peut
visiter le Parc de la colline du charbon dans lequel on peut avoir une
très belle vue de la Cité interdite.
Pour en savoir plus : http://www.chine-informations.com/mods/dossiers/cite-interdite-pekin-palais-imperial_302.html

27 mars 2007
Journal à rebours - Les réceptions de l'ambassadeur
RECEPTION CHEZ MONSIEUR L'AMBASSADEUR - novembre 2004
Publicité Ferrero Rocher "Les réceptions de Monsieur L'Ambassadeur" : video
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Peut-être que si je vous parle de réception chez Monsieur l'Ambassadeur, vous avez en tête la publicité de Ferrero Rocher. Hé bien, au risque de vous décevoir, il n'y a pas de ferrero rocher chez l'Ambassadeur de France en Chine même si la marque est présente et fabrique en Chine (la pub chinoise).
En effet, dès la première semaine de ma présence en Chine, j'ai eu à me rendre à la Résidence de l'Ambassadeur, la première fois pour une réception avec le Ministre de la Justice de l'époque, M. Dominique Perben, la deuxième fois, pour fêter la coopération entre l'Institut de Diplomatie de Pékin et l'Université Paris XI (dont je suis diplômée). J'y suis revenue par la suite, en d'autres occasions.
Je dois avouer, qu'au début, l'idée d'être reçue à l'Ambassade peut impressionner, pourtant dans les faits, même s'il y a tout un protocole à respecter, l'expérience a été quelque peu décevante pour moi. Tout d'abord, parce que finalement, même si j'étais là en tant que Chargée de coopération administrative et judiciaire, les contacts que j'avais avec les personnes présentes étaient très superficiels. Le Ministre de la Justice a fait par exemple mine de s'intéresser un peu à moi en me posant juste quelques questions notamment sur mon âge, sur mes impressions puis est parti serrer d'autres mains sans forcément attendre les réponses. Finalement, avec le temps, on se rend compte qu'au cours de ces manifestations, on n'y rencontre plus ou moins toujours les mêmes personnes, présentes non pas pour les ferrero rocher - puisqu'il n'y en a pas - mais pour les autres nourritures plus ou moins terrestres que peut offrir l'Ambassadeur.
Néanmoins, se retrouver dans un cercle ainsi fermé, avec un titre même peu important, donne l'occasion de parler à des personnes que l'on aurait jamais rencontrées autrement et de les voir peut-être un peu différemment que lorsqu'ils sont sous les feux des projecteurs même s'ils sont toujours en représentation.
A ce titre, je souhaiterais évoquer en particulier deux souvenirs que j'ai de la Résidence de l'Ambassadeur.
Le premier, c'est au moment de la clôture de l'année de la France en Chine lorsque j'accompagnais la délégation du Ministre de la Fonction publique, M. Christian Jacob. Mon rôle alors n'était pas très passionnant même si en amont j'avais fait tout le travail d'organisation de cette visite et rédigé le dossier qui allait être remis aux membres de la délégation. En aval, je devais être présente dans tous les lieux où allait se rendre le Ministre pour vérifier que tout était parfait, qu'il ne manquait rien. La délégation était invitée à déjeuner chez l'Ambassadeur, en présence également du Président du Sénat et d'anciens élèves de l'ENA (chinois et français). Par conséquent que du "beau monde". J'avais été chargée de fournir la liste des anciens élèves de l'ENA, triés au volet. Ce n'était pas tâche simple et je découvrais toutes les règles protocolaires. En raison du protocole justement, bien qu'invitée à la résidence, je n'ai pas mangé dans la salle à manger de la Résidence mais dans une petite salle à part, avec les gardes du corps. Me retrouver au milieu d'eux était assez impressionnant aussi, et finalement, je pense que j'ai peut-être fait meilleure chère que les autres, même si j'ai dû m'éclipser avant la fin du repas pour me rendre à l'avance dans le prochain lieu où serait le Ministre.
Le second, c'est la dernière fois que je me suis rendue à l'Ambassade, à l'occasion du 14 juillet 2006. Je ne travaillais alors plus pour l'Ambassade, j'étais à la fin de mon séjour en Chine. Contrairement aux années précédentes, l'Ambassadeur recevait dans sa résidence pour la fête nationale. Il avait donc fallu retirer des cartons d'invitation et je pense qu'il y avait peut-être plus de monde qui avait fait l'effort de se déplacer, pour voir l'endroit qui représente la France par excellence. Le buffet était bien garni, beaucoup de produits français que l'on a dû mal à trouver en Chine (fromage, pain, saucisses...) et bien sûr, les vins, le cognac.... Je pense qu'un bon nombre de personnes avait ainsi profité du bar. Or, si la résidence est accueillante, elle n'est pas forcément bien adaptée pour recevoir autant de monde (le bâtiment et le jardin sont peut-être un peu petits ce qui explique qu'un nouveau bâtiment, sur un autre emplacement, va être construit), et les toilettes sont notamment pas adaptées.... Une femme, qui avait sûrement bu plus que de coûtume et qui faisait la queue pour les toilettes, était manifestement choquée de voir que celles-ci étaient mixtes. Certains hommes aussi d'ailleurs et renonçaient donc parfois à y aller, ne supportant pas l'idée de devoir attendre trop longtemps tandis que d'autres s'y résignaient. Or, lorsqu'un entra en même temps que cette femme sans doute un peu ivre, celle-ci s'écria : "ben oui, c'est ça, allons-y à plusieurs, plus on est de fous plus on rit, allez monsieur".
Voilà, pour l'annecdote. J'en aurais sûrement d'autres à vous faire partager.
19 mars 2007
Journal à rebours - L'auberge chinoise
L'AUBERGE CHINOISE - novembre 2004
Comme je l'ai évoqué dans mes posts précédents, le premier mois de mon arrivée en Chine, j'ai vécu au sein d'une auberge de jeunesse qui se trouvait dans le Stade des travailleurs, à Pékin. Apprendre qu'un stade où sont organisés parfois des matchs de football et des concerts puisse abriter des hôtels, des restaurants et auberges, cela m'avait énormément surprise. Encore plus que le nom de ce stade qui me montrait bien que je me trouvais dans un pays communiste.
Avant mon expérience en Chine, je n'avais qu'une seule expérience des auberges de jeunesse, et étant fille unique, je n'avais nullement l'habitude de partager ma chambre avec d'autres, et de surcroît avec des personnes que je ne connaissais pas. Au départ, tous les matins, lorsque je quittais ma chambre pour aller travailler, c'était une hantise de savoir avec qui j'allais me retrouver le soir. Certaines nuits, je me retrouvais avec trois autres filles, d'autres, j'étais seule.
Moi qui suis très pudique, cela me gênait de devoir vivre ainsi en communauté, mais avec le temps, j'ai fini par m'adapter. Certes, il y avait toujours cet instant que je redoutais le plus, celui où je devais prendre ma douche - les douches étant elles aussi collectives. J'essayais alors de bien choisir mon horaire, de trouver l'heure propice où il n'y aurait personne qui risquerait de me surprendre.
Ce n'était pas facile non plus de me lever le matin tandis que les autres dormaient - j'avais peur de les réveiller - ou, le soir, d'écouter tous les récits sur les endroits que mes "roomates" avaient visités. Je me sentais quelque peu frustrée, moi qui étais avide de découvrir ce pays. Les filles qui dormaient avec moi rapportaient des images, des photos, des cartes, des cadeaux parfois, je voyais ce qu'elles visitaient, comment elles projetaient d'organiser leur voyage. Tandis qu'elles escaladaient la muraille de Chine, je montais les marches de l'escalier qui me séparait du bureau de l'interprète.
Malgré tout, cette expérience dans cette auberge chinoise très américanisée - tout le personnel parlait anglais - m'a beaucoup apporté. C'était dur au départ, mais je pense que c'est là que j'ai appris à discuter plus facilement avec les gens, et quelle que soit leur origine. C'est ainsi que tous les soirs je me rendais à la salle d'informatique pas uniquement pour surfer sur le net mais aussi pour rencontrer d'autres personnes et échanger avec elles ma vision de la Chine, du monde ou discuter de plein d'autres sujets. La plupart de ces personnes étaient des jeunes. Quelques-uns vivaient comme moi dans cette auberge alors qu'ils s'étaient installés en Chine. Il s'agissait alors, le plus souvent, d'Américains ou d'Australiens venus enseigner l'anglais aux Chinois - qui ont pris conscience de leur retard en la matière. Il y avait également quelques touristes, des françaises qui étaient venues assister au mariage d'une cousine et qui en profitaient pour rester plus longtemps dans le pays, un allemand qui faisait un tour de toute l'Asie, un Américain qui composait et qui chantait dans les bars de Sanlitun jusqu'à ce qu'on l'éjecte de l'endroit où il devait jouer sans aucun préavis (hé oui, les contrats, les Chinois ne savent pas toujours ce que cela veut dire). Donc des personnes dans des situations très différentes mais pour la plupart ouvertes d'esprit. C'est que se rendre en Chine, c'était encore toute une aventure.
Parfois, je les surprenais comme lorsqu'ils m'avaient vue un soir débarquer très vite dans ma chambre pour prendre un costume et descendre à vive allure les marches de l'auberge pour le repasser. Je venais d'être prévenue juste une heure auparavant que je devais me rendre à la Résidence de l'Ambassadeur et je m'étais aperçue que n'ayant pas encore toutes mes valises, je n'avais pas les chaussures qu'il me fallait.
Parfois aussi, le soir on jouait à différents jeux chinois, on essayait de m'enseigner les règles parce que moi et les jeux de société.... J'avais sympathisé avec la fille qui surveillait la salle d'informatique et qui travaillait dans des conditions qui nous choqueraient ici en France c'est-à-dire qu'elle travaillait 7 jours sur sept, et que la salle d'informatique était ouverte aussi longtemps qu'il y avait quelqu'un qui se servait des ordinateurs.
Li, comme on l'appelait (le prénom étant rarement utilisé par les chinois), était une jeune fille de 23 ans environ et qui avait étudié l'anglais. Issue d'une famille modeste du Hubei, elle pensait qu'elle pourrait améliorer son niveau d'anglais en discutant avec les expatriés qu'il y avait dans l'auberge.... Elle espérait enseigner par la suite, elle avait le diplôme qu'il fallait pour cela.
Li, bien que d'allure assez stricte, et tout à fait chinoise dans sa manière d'être, était curieuse à l'égard des étrangers. Elle leur donnait quelques cours d'anglais en échange de cours de chinois. Elle dormait dans la salle d'informatique-même. Nous avions pris l'habitude de discuter un peu, je pense qu'elle se sentait un peu plus proche de moi que des autres étrangers en raison de mes origines asiatiques, et du fait que je parlais un peu chinois. Il y avait plus d'échanges entre nous. Une fois, certains jeunes de l'auberge de jeunesse l'avait poussée à les accompagner dans le bar où jouait l'Américain puis dans une discothèque. Elle avait donc demander à des amies de la remplacer dans la salle d'informatique. C'était la première fois, je pense, qu'elle sortait, et elle regardait avec étonnement les gens boire et danser. En bonne chinoise qui se respecte, elle ne buvait pas une goutte d'alcool.
Le soir de noêl, j'avais alors quitté l'auberge de jeunesse, elle m'avait appelée pour me dire qu'il y avait une soirée organisée par l'auberge et que je pouvais me joindre à eux. Le temps que j'arrive, il était déjà un peu tard mais elle m'avait attendue. Seulement voilà, son patron ne voulait pas l'autoriser à sortir ce soir là, alors même qu'il y avait personne dans la salle d'informatique. Il me disait que je pouvais assister aux festivités, mais sans elle, or, je n'étais venue que parce qu'elle m'avait prévenue et je ne trouvais pas très juste d'y aller alors sans elle. Finalement, son patron l'a autorisée à sortir une heure, et nous nous sommes promenées un peu dans le quartier, nous nous sommes acheté une bûche de noêl dans le JinKelong du coin. Une manière comme une autre de fêter noêl.
Je me souviens aussi un jour, j'avais des places pour un film français au centre culturel, et je lui avais proposé de venir. Elle ne travaillait alors plus dans l'auberge de jeunesse mais à la gare de Pékin. Son étonnement devant les films français (nous étions pratiquement seules dans la salle) où il n'y a pas beaucoup d'action, c'est sûr que cela changeait du film Garfield qu'elle m'avait passé. Enfin, ce fut quand même pour elle une expérience intéressante et c'est pourquoi, lorsque son petit ami l'avait invitée au restaurant pour la journée de la femme, elle m'avait proposée de me joindre à eux.
Cette auberge chinoise était donc multi-ethnique et m'a permise de côtoyer des personnes issues de milieux très différents, présents en Chine pour diverses raisons et pour un séjour de passage ou prolongé. Une expérience très enrichissante - bien que parfois pas facile - à tous les plans.
15 mars 2007
Trucs : Apprendre le chinois en ligne
COMMENT APPRENDRE LE CHINOIS SUR INTERNET ?
"C'est du chinois pour moi !"
Cette phrase, vous avez déjà dû la prononcer ou souvent l'entendre. C'est qu'il est vrai que le chinois apparaît comme une langue très différente de la nôtre, avec ses tons, ses caractères, sa prononciation si différente de la nôtre. Le Chinois apparaît comme une langue mystérieuse, reflet d'un mode de pensée bien différent du nôtre - un vrai casse-tête chinois.
Pourtant, il y en a peut-être parmi vous qui souhaitent s'engager dans l'apprentissage de cette langue bien étrange. Voici donc quelques liens sur internet pour vous aider, même si bien sûr ce n'est qu'après une longue et constante pratique que vous pourrez espérer vous faire comprendre.
- Sur le site de Chine-nouvelle, on peut trouver :
. un dictionnaire français-chinois : http://www.chine-nouvelle.com/outils/dictionnaire.html
. une méthode de langue : http://www.chine-nouvelle.com/methode/chinois
. des chansons chinoises avec les paroles, le pinyin, et les fichiers mp3 à télécharger : http://www.chine-nouvelle.com/chinois/chanson
. les expressions chinoises : http://www.chine-nouvelle.com/parler-chinois
- Sur le site de Chine-informations :
. des cours de chinois : http://www.chine-informations.com/mods/lechinois/
. des chansons, poèmes, chants révolutionnaires mais aussi des reprises de chansons étrangères : http://www.chine-informations.com/mods/dossiers/categorie-chansons-chinoises-pour-enfants-105.html
notamment la reprise de la chanson Comme toi de Jean-Jacques Goldman (les paroles ont été changées) ou de la chanson des Fool's Garden - Lemon tree
(je me souviens que lorsque j'avais vu le film Chunking Express, de Wong Kar Wai, j'avais été restée scotchée par l'interprétation donnée par Wang Faye de la chanson des Cranberries, Linger. Enfin, si vous préférez, vous pouvez toujours écouter L'orient est rouge, l'ancien hymne national de la Chine. La lecture des paroles est intéressante :-)
(Le site Chine-informations et Chine-Nouvelle sont des sites officiels chinois)
- un site avec différents liens : http://pages.infinit.net/mrp/chinois/chinois.html
- Le site Lechinois.com, pour débuter en chinois : http://www.lechinois.com/coursnet/coursnettitre.html
- des podcasts, en anglais (que vous pouvez par exemple télécharger sur Itunes et écouter sur votre lecteur de mp3) :
. Chinesepod : http://www.chinesepod.com/
. Chinese lessons with Serge Melnyck : http://www.melnyks.com/ (très bon podcast mais en anglais, pour ceux et celles qui veulent faire deux pierres deux coups, les transcriptions peuvent s'avérer néanmoins nécessaire)
. China news (apprendre le chinois à travers les chansons), que l'on retrouve sur le site précité de China-informations
.chineselearnonline.com
Voilà. Si vous avez d'autres bonnes adresses, je suis preneuse.
09 mars 2007
Thématique : La condition des femmes en Chine
LA JOURNEE DE LA FEMME ET CONDITION DE LA FEMME EN CHINE


8 mars... Journée internationale de la femme comme si la femme était une espèce minoritaire à protéger et qui a le droit, uniquement une fois par an à sa journée.... Journée très symbolique surtout et encore plus dans les pays communistes. En effet, c'est un 8 mars 1917 que les femmes ouvrières russes sont sorties dans les rues pour déclencher une grève générale qui plus tard allait s'insérer dans des actions qui ont inauguré la Révolution russe. De même en Chine, le grand timonier Mao a été reconnaissant à ces femmes qui ont activement participé à la Révolution et qui étaient désignées par les slogans comme "la moitié du ciel".
Aussi, pour la journée de la femme, la plupart des femmes ont le droit a une demi-journée de congé tandis que leurs collègues masculins travaillent. Elles se font offrir des fleurs et inviter au restaurant par leur petit ami. C'est ainsi qu'une amie chinoise, de condition très modeste, avait profité du fait que son fiancé l'invitait au restaurant, pour qu'il m'invite aussi (sympa la fille) !
La révolution communiste de 1949 a sans aucun doute été l'évènement le plus important du siècle pour l'amélioration du statut des femmes en Chine (le Parti communiste, contrairement au Confucianisme qui promouvait les différences sexuelles, s'est donné pour but la neutralité du genre, au nom de l'égalité, et hommes et femmes s'habillaient avec des vêtements similaires dans une tentative de nier les différences sexuelles - le fameux col Mao). La Chine est devenue l'un des pays qui a l'un des plus hauts taux de participation féminine au travail au monde : pour 100 hommes au travail, la Chine compte 81 femmes (contre 52 pour la Corée, 77 en Thailande).
Pourtant, s'il est de fait que les femmes en Chine
ont pu accéder à un certain nombre de métiers réservés jusque-là aux
hommes, il est indéniable que leur condition n'est
guère enviable. Les Chinois restent en effet convaincus, pour l'ensemble de la supériorité des hommes sur la femme, et que l'on soit à la campagne ou à la ville, ils préfèrent avoir un garçon plutôt qu'une fille. Je me souviens ainsi d'avoir dîné avec un professeur d'université, qui a enseigné le chinois aux langues O' (et qui a rédigé avec un universitaire français un manuel de chinois très connu) qui l'exprimait sans aucune gêne. Alors, que dire dans les campagnes où si une personne, c'est "une bouche à nourrir, mais aussi des bras", la fille apparaît bien trop souvent surtout comme une bouche à nourrir ?

Fille devant une affiche pour le contrôle des naissances - Hubei
La politique de contrôle des naissances afin de limiter le développement de la population chinoise en 1976-1979 a amplifié la préférence traditionnelle pour les fils. N'ayant le droit qu'à un enfant, le couple chinois tient absolument à ce que leur unique enfant soit un garçon car c'est lui qui sera l'héritier du nom de la famille (la femme est considérée comme allant dans la famille du mari). Selon un vieux proverbe chinois, "il vaut mieux avoir un fils infirme que huit filles valides"....
Ainsi, une étude menée en 1981 dans la province du Hubei montrait que 85 % de la population voulait au moins deux enfants. Si seulement un enfant était permis, seulement 2,2 % des personnes interrogées faisaient état d'une préférence pour une fille.
Cette préférence pour le fils a un impact considérable sur le ratio des naissances hommes / femmes (118 garçons pour 100 filles en 2005 d'après un rapport national publié début janvier 2007, contre 110 pour 100 en 2000 - la moyenne mondiale étant de 104 garçons pour 100 filles) et l'écart démographique entre les hommes et les femmes ne cesse de grandir : 30 millions d'hommes célibataires à l'horizon 2020 (mais selon les sources, les chiffres ne sont pas les mêmes, Science et vie parle de 60 millions, soit la population française...).
Bien entendu, ce ratio garçons/filles n'est pas uniquement dû à la génétique. En effet, quatre raison majeures expliquent cette distorsion de ratio :
- les filles, surtout dans les zones rurales, ne sont pas toujours déclarées par les parents. En effet, la déclarer, ce serait gâcher leur possibilité d'avoir un autre enfant, un fils. Or, ces filles non enregistrées n'ont alors pas accès à l'éducation, à la protection sociale ou à l'emploi sur le marché officiel du travail. Il est impossible de savoir quel est le nombre de ces filles, qui sont, par la force des choses, invisibles. Comme elles n'existent pas, leur avenir est bien compris.
- l'avortement sélectif qui est pratiqué en Chine encore plus, paradoxalement, dans les villes vu que les citadins ont jusqu'à peu eu accès aux techniques modernes d'ultrason qui permettent de déterminer le sexe de l'enfant avant sa naissance. L'usage de l'ultrason est aujourd'hui interdit par la loi, mais en réalité, assez répandu....
- l'abandon des fillettes : elles constituent la majorité des 1,7 millions d'enfants abandonnés chaque année en Chine.
- l'infanticide, qui est lui aussi difficilement chiffrable mais bien réel. Depuis les années - 80, la presse chinoise fait état périodiquement des noyages de fillettes.
Or, ce déséquilibre démographique lié à la préférence qu'ont les chinois pour les garçons, commence à avoir des répercussions sociales catastrophiques pour la Chine.
D'une part, parce que les filles sont les premières à en souffrir (infanticide, abandon, non déclaration). Elles sont plus touchées par l'analphabétisme (en 1990, 22% de la population des plus de 15 ans était analphabète ou semi-analphabète, dont 70 % étaient des femmes ; en 1996, 25,5 % des femmes étaient analphabètes, contre 10 % pour les hommes). Plusieurs enquêtes montrent que les femmes sont victimes d'une discrimination face à l'emploi, elles se heurtent à un taux de refus supérieur à celui des garçons sur le marché du travail. Or, même si les nouvelles générations de chinoises ont assurément des comportements beaucoup plus libérés que celle de leur mère, selon Pierre Haski (ancien envoyé spécial du journal Libération, en Chine), "on ne sent pas pour autant une réelle revendication d'une affirmation féminine".
D'autre part aussi, parce que les garçons vont aussi finir par payer les frais de cette politique car un grand nombre ne trouvera pas de femmes : les filles qu'ils auraient pu épouser ne sont jamais nées. Cette situation se fait déjà ressentir aujourd'hui où les enfants nés à la fin des années 1980, les premiers à être sérieusement touchés par le déséquilibre grandissant entre les sexes, sont aujourd'hui adultes ou en fin d'adolescence.
Ces célibataires par la force des choses, les Chinois les appellent "branches nues" car dans l'arbre familial, ils ne donneront pas de fruits. Pour trouver des femmes, ils vont voir ailleurs : des Nord-Coréennes et des Vietnamiennes qui sont enlevées et vendues comme épouses à des paysans chinois, rapportent plusieurs ONG. Selon les chiffres officiels, 17 963 femmes ont été enlevées et vendues en Chine en 2000. Sans parler du marché florissant de la prostitution. Selon le démographe Xie Zhenming, "la rareté des femmes ne leur donne malheureusement pas plus de valeur, comme on aurait pu croire. Au contraire, elles deviennent une marchandise que l'on s'arrache".
La Chine est aujourd'hui consciente de la gravité de ce déséquilibre croissant des sexes dans sa population. Déjà dans les campagnes, j'ai pu voir qu'il y avait quelques slogans du genre "un garçon c'est bon pour la Nation, une fille c'est aussi bon pour la Nation", écrits sur les murs pour tenter de changer les mentalités des paysans. Par ailleurs, au-delà de cette propagande, le gouvernement chinois s'est engagé à prendre des mesures concrètes et mêmes sévères dans le but de protéger ses femmes. L'avortement sexuellement sélectif et l'examen sélectif des foetus sont particulièrement visés. Le Comité central du Parti communiste chinois et le Conseil des affaires d'état a ainsi officiellement déclaré en janvier (2007), que "les personnes menant des examens illégaux du sexe des foetus et des avortements sélectifs s'exposeront à des sanctions sévères".Malgré tout, la Chine reste lucide et se donne entre 10 et 15 ans pour résoudre le déséquilibre accru entre les garçons et les filles.
Par conséquent, plus qu'une journée de la femme, c'est un véritable changement des mentalités qui s'avère nécessaire. Or, cela, on le sait, cela prend du temps.
Sources : http://www.homestead.com/chine/files/femmes.htm
- http://www.lactualite.com/article.jsp?content=20060629_164203_4784
- http://www.toutelachine.com/article.cfm?id=103630
- http://www.wikio.fr/article=9243238
- http://www.chine-informations.com/mods/dossiers/chine-valeur-dune-fille-asie_1604.html
- http://www.chine-informations.com/mods/dossiers/situation-officielle-femme-chine_1457.html
05 mars 2007
Trucs : Lire et écrire le Chinois sur son ordinateur
COMMENT LIRE ET ECRIRE EN CHINOIS SUR SON ORDINATEUR ?
Si vous entrez dans des pages écrites en chinois sur l'Internet, vous ne pourrez les lire directement. En effet, elles recourent à des systèmes d'encodage, dont les principaux s'appellent GB, BIG-5, HZ et Unicode. Vous voyez alors apparaître sur votre écran des petits carrés ou des messages codés. Pourtant, pour que ces pages s'affichent correctement, cela est facile sous Windows (avec un Mac c'est beaucoup plus difficile à ce qu'on m'a dit). Il suffit d'observer la procédure suivante :
- Allez dans "Panneau de configuration" et cliquez sur "Options régionales et linguistiques".
- Allez ensuite sur l'onglet "langues" et cochez "Installer les fichiers pour les langues d'Extrême-Orient"
- Windows vous demande alors de mettre votre logiciel Windows ou le Service Pack 2 de Windows pour installer ces langues.
Voilà, vous pouvez désormais facilement lire le chinois (et d'autres langues d'extrême orient) sur votre ordinateur.
Si cette procédure ne marche pas, ou si vous n'avez pas Windows, vous pouvez tenter de télécharger les caractères chinois (mais attention Taiwan utilise le Chinois traditionnel et la Chine le Chinois simplifié et ce n'est pas le même encodage) sur le site : www.dafont.com
Maintenant que vous avez fait cette installation, vous devez pouvoir lire sans message codé les caractères chinois sur internet, mais aussi, si vous le savez et le souhaitez, écrire en chinois :
Pour cela, après avoir ouvert par exemple Word, faites un clic droit sur la "barre des langues" (si votre ordinateur est en français, vous avez en bas écrit FR, s'il est en anglais EN). Cette barre des langues se trouve en bas, à droite de votre écran, près de l'horloge. Si vous ne la voyez pas, cliquez sur la flèche < et vous devriez la voir apparaître.
Ensuite vous voyez apparaître : "Paramètres", cliquez dessus. Normalement, votre ordinateur est paramétré sur le français comme langue par défaut.
En dessous vous voyez :"Services installés".
Si le chinois n'y est pas, cliquez sur : "Ajouter".
Puis pour la langue d'entrée, allez chercher le Chinois (traditionnel), ou Chinois (simplifié) voire les deux.
Voilà, vous pouvez désormais écrire aussi en chinois. Il suffira de faire un clic gauche après sur la barre des langues pour sélectionner la langue dans laquelle vous voulez écrire : chinois simplifié, chinois de Taiwan (CH), Français (FR).
Attention, lorsque vous écrivez en utilisant le chinois simplifié (et donc le pinyin), votre clavier est réglé non pas en AZERTY comme en France mais en QWERTY. Il faut donc soit avoir un clavier qwerty, soit apprendre où sont les touches qwerty sans changer de clavier soit, si on a du mal au début, s'aider du clavier visuel de Windows (qui se trouve dans Accessoires, Accessibilité).
Voilà, à vous l'univers de l'écriture chinoise !


