Sun Chine

Regard critique d'une française expatriée en Chine Journal intime Exil Impressions

18 février 2008

La Chine contre le piratage ?

LA CHINE CONTRE LE PIRATAGE ET LA LOI ANTI-PIRATAGE ADOPTÉE EN MAI 2006


Depuis son adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce – qui a pour vocation de réguler le commerce international – en 2001, la Chine fait de grands efforts pour lutter contre le piratage et la contrefaçon. C’est d’ailleurs bien dans ce but que les pays de l’OMC avaient encouragé cette entrée.

De fait, si la Chine est à juste titre connue d’une part, pour l’ampleur du piratage et de la contrefaçon sur son sol et, d’autre part, pour avoir voulu protéger ses industries contre les marques étrangères (Lacoste a ainsi perdu dans le pays plusieurs procès en contrefaçon), aujourd’hui, ses campagnes de lutte contre le piratage et la contrefaçon fortement médiatisées – en Chine et à l’étranger – lui confèrent une nouvelle image : celle d’un pays plus respecteux des règles du commerce mondial (certains diraient celle d’un bon état capitaliste) qui découvre avec surprise le sens de la propriété intellectuelle.

Il faut dire que le taux de piratage de la Chine est l'un des plus élevés au monde avec 86% des logiciels vendus qui seraient en fait des versions piratées d'après une étude réalisée par la Business Software Alliance. Le piratage coûte des milliards de dollars chaque année aux compagnies américaines seulement. C'est pourquoi, semblant faire écho aux pressions exercées par le gouvernement américain et la communité internationale pour endiguer le piratage, la Chine a durci au printemps 2006 ses lois pour contrer la prolifération de logiciels piratés : toute personne fautive d'avoir téléchargé un logiciel piraté encourt une amende de 100.000 RNB (soit environ 10.000 euros).

Avec cette nouvelle loi contre le piratage, la Chine affiche une réelle volonté d’enrayer ce phénomène et effectivement, elle dispose, plus que tout autre pays, d’instruments pour débusquer les pirates. Il existe ainsi une cyber-police chargée de surveiller les communications et échanges internet (certains pays s'orientent d'ailleurs aussi vers cette solution...) et de bloquer les sites jugés « dangereux » (à titre d’exemple, Wikipedia, la plupart des blogs, de façon périodique msn...).

Malgré tout, il me semble que le piratage a en Chine – et ailleurs - encore de beaux jours devant lui. Non pas parce qu’il serait inné chez les chinois de copier (une chinoise m’avait dit que ce qui faisait la différence entre la France et la Chine, c’était la capacité d’innovation de la première et celle de copiage de la deuxième) mais bien parce que je suis persuadée que quelles que soient les mesures que l’on peut mettre en place, les pirates trouveront toujours les moyens de les contourner. Certains moteurs de recherche chinois permettent encore d'accéder à des sites très connus proposant de télécharger gratuitement des mp3 protégés.

Dans les rues de Pékin, on trouve toujours des dvds piratés de films tout juste sortis sur les écrans étrangers et parfois (souvent ?) interdits ou censurés en Chine (Geisha, Brokenback Mountain...) qui coûtent 8 à 20 yuans (soit de 0.8 à 2 euros). Je me souviens même être tombée, dans un magasin de dvds, sur le film chinois « Le cerf volant bleu » avec écrit en français sur la pochette le titre et le commentaire suivant : « le film interdit en Chine ». Et si dans certains magasins les dvds et cds piratés ne sont plus exposés, il suffit parfois d'aller à l'arrière boutique  pour les trouver.

Malgré tout, les pays occidentaux peuvent faire bonne figure lorsque l’on voit que dans des magasins comme Carrefour (qui a déjà été condamné en Chine pour avoir vendu de faux sacs Vuitton), on peut acheter des chaussures de sport Adinas (moi, cela me fait curieusement penser à une autre marque...).

Lorsque l’on sait que le téléchargement illégal d’oeuvres protégées est bien souvent motivé tout d’abord par le coût élevé – voire prohibitif - d’une régulière acquisition, on peut se demander si ce n’est effectivement pas là que réside la meilleure politique de lutte contre le piratage en Chine et dans le monde et si cette campagne ne pourrait pas – ne devrait pas – être étendue.

http://www.atelier.fr/article.php?artid=32079&catid=30

http://www.01net.com/article/194165.html?rub=3375

http://fr.radio86.com/hottopic/?topicId=16&language=fr

C’est sans aucun doute parce qu’elles en sont conscientes de l'ampleur du piratage en Chine que certaines firmes étrangères, malgré des victoires récentes devant les tribunaux chinois, ont cherché à développer de nouvelles stratégies. Ainsi, pour décourager la contrefaçon, Warner propose désormais sur le marché chinois des dvds vendus au même prix que les dvds piratés mais de qualité beaucoup plus sûre que leur version piratée. Ayant réalisé de substantielles économies notamment sur l’emballage, la société ne vend pas à perte.

Posté par sunchine77 à 20:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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