Sun Chine

Regard critique d'une française expatriée en Chine Journal intime Exil Impressions

09 octobre 2006

Journal à rebours - premières impressions

PREMIERES IMPRESSIONS DE CHINE - 4 novembre 2004

Sun_ChineLe moins que l’on puisse dire, c’est que le voyage pour aller en Chine n’a pas été des moins fatigants (vols changés, retard en raison d’orages dans le nord de l’Europe, escale de quatre heures à Amsterdam où j’ai cédé à la tentation d’acheter, le Code Da Venci, en langue anglaise). C’est donc avec un certain soulagement que j’ai été accueillie à l’aéroport de Pékin par – je ne plaisante pas – Mao, un des chauffeurs de l’Ambassade.

 
Ma première impression a été qu’il ne faisait pas si chaud que cela – hé oui, je m’étais toujours rendue en Asie en été – puis que cela ressemblait un peu à Taiwan même si l’atmosphère y était différente. La distance de l’aéroport à l’endroit où j’allais vivre et travailler, ces ponts d’autoroutes…. C’était un jeudi vers midi, et je trouvais qu’il n’y avait pas beaucoup de voitures (par la suite, cette impression allait changer). A ma grande surprise, le chauffeur me déposa directement au SCAC et non à mon hôtel, où j’aurais préféré me reposer et me changer un peu avant de rencontrer mon chef…. Celui-ci me proposa directement d’aller déjeuner dans un restaurant français dans lequel on pouvait emprunter aussi des livres, en anglais. C’était là quelque chose qui me surprit énormément, je me disais que finalement la Chine était peut-être plus développée et ouverte que je ne le pensais mais ce que je ne savais pas, c’est que je me trouvais dans un quartier très particulier de Pékin, celui de Sanlitun (), où se trouvent toutes les ambassades et où vivent les expatriés, un quartier connu aussi pour ses bars et ses restaurants internationaux.

Pourtant, je trouvais quelques images qui correspondaient à ma vision de la Chine telle que je me l’étais faite. Tout d’abord, tous ces vélos très nombreux qui passaient et puis le nom des rues qui rappellent que ce pays a été en un temps communiste – maintenant on ne sait plus trop ce qu’il est… L’auberge de jeunesse dans laquelle j’allais résider les premières semaines se trouvait ainsi dans le Stade des Travailleurs (Gongrenmin yuchang). Le soir, lorsque je cherchais mon auberge avec mes valises, je découvris à mes dépens, que les Chinois se repéraient en s’aidant des quatre points cardinaux et que la rue des travailleurs nord n’était pas la même que la rue des travailleurs sud.... Je constatai aussi qu’il fallait indéniablement que je m’efforçasse d’améliorer mon chinois, peu de Chinois parlant l’anglais.

Dès le premier jour, j’avais contacté des agents immobiliers et visité le soir des appartements. Aucun ne me plut, je trouvais les immeubles très insalubres et une chose que je ne pouvais supporter, c’était de voir que dans les ascenseurs, il y avait toujours une bonne femme qui était là et dont le travail consistait à appuyer pour nous sur le bouton de l’étage désiré. Si dans les ascenseurs de grands magasins cela peut être concevable, cela l’est moins, pour moi dans un immeuble privé. Non seulement je ne me serais pas sentie libre dans un tel endroit où quelqu’un observe toutes mes allées venues et voit qui monte avec moi, mais encore j’aurais été mal à l’aise à chaque fois que j’aurais pris l’ascenseur. Pour moi, le fait que ces femmes passent leur vie dans l’ascenseur (dans certains, il y avait une petite table et chaise pour elles) et ne voient pas la lumière du jour, c’est pire qu’une prison.

Le soir, lorsque je me retrouvai seule dans ma chambre – je devais la partager avec trois autres filles mais elles étaient sorties -, mes impressions étaient donc mitigées. Je sentais que cela n’allait pas être si facile que cela, que je n’aurais plus personne pour m’aider, mais que je n’allais pas baisser mes bras, j’avais un superbe défi à relever.

 

Posté par sunchine77 à 22:10 - Journal à rebours - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire